Chicos del Sur

Chicos del Sur, foyer d’accueil de jour, Villa Fiorito, Buenos Aires

« Villa Fiorito »… un nom charmant qui sonne si bien, et qui pourtant est aussi celui d’un des quartiers les plus misérables de Buenos-Aires ! 

Il y a 10 ans que l’Association Mate Cocido est investie dans ce foyer d’accueil de jour dans ce bidonville par périodes. 

Nous avons contribué à la réhabilitation de leur foyer d’accueil de jour pour environ 80 enfants. Des activités formatrices et un encadrement de qualité sont offerts au quotidien à ces enfants, ainsi que des repas pour environ 130 habitants du quartier. Tous les jours, ils partagent le petit déjeuner ou le goûter, ainsi que le repas de midi. Ils ont aussi accès à du matériel pédagogique et sont aidés dans leurs devoirs scolaires. Chicos del Sur offre également des ateliers de formation pour les adolescents : mathématiques, électricité, boulangerie, soutien scolaire, danse, camps lors des vacances scolaires. 

La construction d’une garderie d’enfants pour les plus petits (entre 40 et 60 enfants) a vu le jour. Cette garderie accueille les enfants de moins de 5 ans, dont la demande est croissante. L’objectif principal consiste à créer un espace adapté pour l’accueil de ces jeunes enfants dans le besoin, afinde leur donner de l’attention et une éducation fondamentale. Mate Cocido a aussi contribué à l’achat du mobilier adapté aux activités de cette garderie.  

Partenariat entre le foyer Chicos del Sur & l’Université de Buenos Aires : 

Un autre projet est mis en route à Chicos del Sur  en 2019, avec la participation de Mate Cocido. 

Ce projet est né sur l’initiative de Mme Viviana Coto, membre de l’Association Mate Cocido, d’origine Argentine, dentiste à Genève et qui a fait ses études à Buenos Aires. Viviana était présente à l’assemblée générale 2018 lorsque, parmi les photos présentées sur grand-écran, celle qui est jointe a été projetée. 

Pour une dentiste consciencieuse, une photo pareille ne peut que soulever des questions légitimes. C’est ainsi qu’elle a proposé de mettre à disposition son réseau avec l’université à Buenos Aires et que ce projet a vu le jour.  

Projet rêvé depuis longtemps par cette organisation sociale, puisqu’il est question d’hygiène dentaire, un partenariat s’est créé entre l’association « Chicos del Sur » et « la faculté de médecine dentaire de Buenos Aires », coordonné par Mate Cocido. 

Ce projet consiste à mettre en lien la population de ce foyer et les étudiants en dernière année d’étude de cette faculté. Les premiers sont des patients potentiels sans ressources qui ont besoin de soins. Les autres sont des soignants qui se situent à la veille d’entrer dans la vie active et qui ont besoin de pratiquer. A l’évidence ce projet prend tout son sens, dès lors que chacun devient dépendant de l’autre. C’est un bel exemple de l’action conjointe que peut mener la jeune génération de la société civile actuelle, utile réciproquement, dans un contexte lié à la précarité. 

C’est ainsi que quatre étudiants de dernière année de cette faculté de soins dentaires, ainsi qu’une superviseuse, ont entamé des consultations hebdomadaires, concentrées sur un premier objectif au bénéfice de 85 enfants, pour une période de 2 à 3 ans. Durant ces visites, ils réalisent des diagnostics et les soins nécessaires. Sont également prévues des présentations d’information préventive sur la santé buccale. 

En 2020, Mate Cocido est à la recherche de fonds pour que ce projet puisse se poursuivre au foyer Chicos del Sur, et s’étendre à d’autres associations telle que Ruca Hueney, afin que ces jeunes puissent également bénéficier de ces soins dentaires. À Ruca se trouve déjà un poste de santé, où vient une fois par semaine une équipe de médecins. C’est dans ce même espace que se réaliseront les soins bucco-dentaires. Mate Cocido souhaite soutenir ce projet pour l’achat de matériel sanitaire ainsi que le défraiement des transports des étudiants.

Pendant la quarantaine 2020 – Récits de Estela Rojas

Carmen se lève tôt. Malgré tout, elle continue sa routine habituelle, on ne sait pourquoi. Elle met la bouilloire à chauffer et elle trouve la réponse : c’est pour ces mates solitaires du matin, sans les gosses, sans le mari.

La première qui se lève, c’est la plus petite. L’école et le centre de jour où vont les enfants apportent les courses. Mais il n’y a pas assez à manger et en plus, avec tout ce temps passé à la maison, ils veulent tous manger davantage. Les deux petites pièces de la maison sont toujours pleines de monde. L’école a aussi envoyé des devoirs, mais la petite sait à peine lire. Inutilement, elle continue la routine et leur impose l’obligation scolaire dans des horaires bien définis.

Au foyer Chicos del Sur, un de nos petits camarades a décidé de passer le confinement avec nous. Nous sommes une autre famille. A la maison, ils sont nombreux et ils ont peu d’espace. Il sait aussi que la grand-mère a du mal à assurer chaque plat de nourriture et s’il n’est pas là, elle aura moins de frais.

Il se sent bien et il en profite pour nettoyer les endroits qu’on laisse toujours pour plus tard, aide à préparer des paquets de nourriture, qu’il distribue chaque semaine aux voisins avec d’autre jeunes. Il fait aussi ses devoirs, mais sa famille lui manque et il va bientôt être en manque de leurs câlins.

Le besoin d’isolement n’est pas une évidence pour tous ; car il y a aussi ce sentiment de prendre soin des autres et que, quand les malheurs ne sont que les nôtres, on a l’impression que ce n’est pas important.

Cette histoire est en train de s’écrire, la fin est encore ouverte mais nous construirons un demain où il y aura du soleil et nous nous serrerons dans les bras à nouveau.