UsinaEco

Depuis la grave crise économique dans les années 90, une importante partie de la population s’est retrouvée sans travail, dans une situation de grande précarité. Malheureusement, cette situation continue de s’aggraver, particulièrement pour ceux vivant dans les bidonvilles et conduit bon nombre d’entre eux à chercher dans les poubelles un moyen de subsistance, à la recherche de matières recyclables : papier, cartons plastiques. Ainsi, l’objectif de ce projet, qui existe depuis plusieurs années, est basé sur une opportunité qui consiste à regrouper ces communautés, en améliorant les conditions de travail de ces individus devenus recycleurs, les « Cartoneros ». 

Il s’agit donc d’apporter un soutien dans l’organisation du ramassage, du tri, du conditionnement et du stockage des cartons et d’autres produits de résidus urbains. Il s’agit aussi de la commercialisation de ces produits recyclables dans le but d’améliorer le revenu des acteurs de cette activité. Les bénéficiaires directs de ce projet sont environ 400 jeunes dans diverses activités, et 100 familles de manière directe et indirecte. 

Lujan, on trouve un dépôt d’ordure immense sur une superficie de 17 hectares et d’un volume d’environ 7 millions de m3. 

En réaction à ce développement intempestif de contamination aérienne et souterraine, un groupe de travailleurs sociaux a mis en place ce système organisé de tri des déchets par le biais d’une coopérative, transformant ainsi une activité ingrate en travail plus digne, sécuritaire et indispensable à la société. 

L’envoi de fonds par Mate Cocido a permis à la coopérative d’acheter un chariot élévateur en excellent état. Ils se sont aussi équipés de vêtements de travail adaptés, d’une balance numérique ainsi qu’une broyeuse à papier et un camion.

En 2020, Mate Cocido a soutenu cette coopérative par l’achat d’un tapis roulant qui sert à faciliter et développer le tri des déchets, et aussi à améliorer les conditions de travail et de sécurité pour les jeunes travailleurs.

En 2021, nous sommes à la recherche de fonds pour l’achat d’une trémie, 2 tables tournantes, paniers et charriots. La trémie et ses appareils annexes aideront à améliorer la qualité du travail, gagnant en rapidité et efficacité dans le tri. Ce qui aura pour effet d’augmenter les collectes de déchets recyclés.

Témoignage de  Manuel, travailleur de la coopérative Usina Eco pendant la pandémie

Pendant la quarantaine nous continuons à travailler mais avec du personnel réduit,  moins de ramassage, mais aussi  moins de ventes. Notre coopérative est composée de 70 travailleurs, mais en ce moment il n’y en a que 20 actifs.

Nous avons mis en place un protocole de prévention : les résidus collectés restent stockés pendant 24 heures avant d’être traités (compacté en balles ou par tri).  Nous portons des gants et masques en tissu, toutes les 40 minutes nous devons nous laver les mains, en plus de garder la distance entre nous et des mesures de désinfection.

Pour le ramassage des déchets dans les quartiers il y a deux équipes et par fois trois, réparties dans trois camions avec quatre personnes par camion.

Une fois le matériel emballé, il est attaché et reste stocké pour sa vente postérieure.

Différent produits de résidus urbains sont traités: PET (matière première plastique dérivée du pétrole), nylon, de fort impacte, etc. Comme la commercialisation a diminué nous avons beaucoup de matériel qui reste stocké.

Nous vendons à d’autres coopératives qui traitent et fabriquent de nouveaux éléments :

Avec du PET on fabrique des balais, des seaux et d’autres articles destinés à l’usage et non à la consommation, car il y a une loi qui l’interdit. Concernant le carton nous le vendons à l’usine Mercopel  qui le réintègre dans le circuit productif. Le nylon est également réutilisé pour fabriquer des sacs recyclables.

En ce moment les points verts (bacs de recyclage) sont inactifs, nous nous occupons du ramassage des déchets ménagers. Nous demandons aux voisins de désinfecter les sacs poubelles, ce qu’un bon nombre d’entre eux fait. Il est très gratifiant d’avoir le soutien de la communauté, très soucieuses pour la santé des travailleurs.

Nous nous chargeons de la collecte des déchets dans 22 quartiers de la ville et 10 quartiers privés,  c’est nouveau pour nous parce que nous n’avions pas l’habitude de ramasser à une si grande échelle, mais nous nous engageons et nous faisons notre travail.